14 février 2007

Mais pourquoi donc ?


Le japonais, toujours considéré comme une langue rare à un nombre d'inscrits bien inférieur aux 3 grands classiques anglais, espagnol, allemand qui drainent le gros des étudiants en langue.
Ainsi née l'exception japonisante, minorité risible aux comportements bien souvent monomaniaques, excessifs, et aux déchirements puérils sous couvert d'un esprit de compétition acéré.

Les premiers cours de l'Université Lyon 3 dont je me rappelle n'avaient rien de trépidants, déjà morcellé en deux groupes aux tensions palpables les années passant (LEA, LLCE), notre minorité faisait des premières années LEA une bonne quarantaine de têtes pleines de mangas, de jeux vidéo ou de sushi, une classe à part entière avec tout ce que cela induit : esprit grégaire, sectarisme, batailles intestines, ijime léger…
Les profs se demandaient médusés pourquoi cet afflux soudain, ils eurent bien vite la réponse : la grande prétresse des années 80-90, Dorothée, a bien corrompu les esprits ; si elle touchait une commission pour chaque inscription en japonais grâce à son influence maléfique elle serait encore plus riche et n'aurait pas besoin d'aller pleurnicher chez Drucker.

Etant donné le nombre d'inscrits cette année - qui s'élève à plus d'une centaine en première année dans chaque section - l'ordre naturel du système classe n'est rétabli que quelques semaines après le début des cours, par les abandons successifs et les morcellement des groupes de TD, Travaux Dirigés, soit séance de torture suprême pour l'étudiant puisqu'il a l'obligation de s'y rendre (sous peine du courroux du secrétariat telle qu'une théorique désinscription des listes d'examen, etc.), contrairement aux CM, Cours Magistraux, qu'il est de bon ton de sécher pour faire son kéké. Pfff il est trop pourri ce cours, le prof est naze, il parle en -ます

La qualité des TD est bien sûr dépendante du niveau et de la motivation du chargé de TD, bien souvent élève en Master 2 ou Doctorat réquisitionné pour l'occasion ou un « vrai » professeur dont la pédagogie, à quelques aberrations près est plus définie par son degré de lassitude et d'indifférence que par sa formation. Rien de bien spécifique à la section japonais, certes. Cependant, loin de moi l'idée de jeter la pierre aux enseignants uniquement, le cours dépends aussi du groupe classe.

En effet, l'esprit d'une promo est toutefois changeant d'une année à l'autre, ma cuvée d'origine n'est dans mes vagues souvenirs désabusés qu'une bande de barbares otaku et autres décérébrés, dont quelques éléments sortaient du lot. Le mauvais esprit régnait, de même que la fénéantise et la frime. Je sais, mon côté sentimental me perdra.
J'ai eu de la chance malgré tout. Ayant pu suivre des cours aussi bien avec mes kouhai (cadets) que mes sempai (aînés) j'ai pu constater la véracité du lieu commun populaire : l'herbe est toujours plus verte chez son voisin. Et de constater que le niveau va de mal en pis.

Des sites précurseurs (cf. à droite, rubrique « Respects ») ont déjà portrayé les étudiants en japonais avec humour et cynisme. J'essaierai d'être dans leur droite lignée, sans me limiter aux étudiants...
Plus j'ai fréquenté ce milieu plus je me suis interrogée : le japonais rendrait-il con ? N'y a-t-il que des malades mentaux pour s'intéresser à ça ? Malheureusement un certain nombre des cas observés, toutefois prédisposés, confirment en grande partie mes craintes. Peut-être est-ce parce que l'exception japonisante n'est pas que de former un groupe compact et obnubilé par une seule chose le Japon, leur Japon, mais d'exhorter leur sentiment d'être spécial, des élus qui déchiffrent une langue mystérieuse et obscure, des élus qui vont prendre l'avion pour aller très loin, dans un pays plein de gadgets high-tech et de manga, des élus qui se taperont des japonaises… vraiment, je ne sais pas...

Cotoyeant d'aussi près le fanatisme que le pathétique cette communauté fermée sur elle même qui me fait soupirer un bon millier de fois par jour depuis déjà trop d'années et dont je refuse de faire partie aura donc les honneurs ici.