5 décembre 2007

Passe ton certificat d'étude d'abord !

Le Nouvel Obs titrait sa une il y a quelques mois d'un putassier « L'école, scandale de l'illettrisme ». Je suis allergique à la vieux-con-zerie, je suis allergique au jeunisme-kikou-lol et, par dessus tout, je suis allergique à l'illettrisme de notre société pourrie gâtée. En effet, un petit soudanais ou un gamin issu des favelas a le droit de ne pas savoir écrire sa langue natale correctement, un crétin privilégié qui arrive à faire des études « supérieures » en profitant de l'argent de papa-maman n'en a pas. C'est sur ce simple jugement de valeur que je m'en vais étriller gaiement mes confrères étudiants en japonais analpha-bêtes.

Je kif grav loretograff

Il y a tant à dire à ce sujet... comment imaginer que quelqu'un qui ait écrit « anglai » et « litérature » sur son emploi du temps puisse arriver en 4ème année de fac. Et pourtant... je l'ai vu de mes propres yeux.
Les exemples sur papier sont toujours plus choquants que sur le net, ce qui, galop de la technologie oblige, ne devrait pas être normal. Je vous renvoie à JpopTrash et sa fascinante page de perles de fan pour juger des esprits vifs et brillants de certains étudiants en japonais et autres fanatiques de tout poil, rubrique qui n'est bien sûr absolument pas représentative de la majorité... quoique.
Bon on peut toujours prendre le problème plus bas, et se demander comment quelqu'un qui écrit « Voila tout simplement ce blog va concerner ma nouvelle vie d'étudiant en Langue Appliquer Anglais / Japonais à L'université LYON 3 Jean Moulin. » puisse avoir obtenu un bac (et c'est à ce moment là que certains frissonnent et grommellent Peut-être même un bac L).
Vous remarquerez que ces petits malins ont tendance à vouloir briller avec leur vocabulaire ultra basique en japonais et ainsi renseigner leurs confrères ignorants.

SYNTAX ERROR

On peut se demander pourquoi les professeurs et vacataires ne sanctionnent pas plus le niveau de français de guignols qui osent parfois prétendre à faire de la traduction plus tard. On peut se le demander hypocritement, comme je viens de le faire, en pensant, tout en tapant ces quelques mots, au cynisme régissant notre société dans sa globalité. Une explication logique, réaliste mais hypothétique (Lyon 3 et son amour des procédures juridiques ne me fait pas peur, mais tout de même) à tout ceci serait simplement que le budget est lié nombre d'étudiant de la section. L'équation est alors enfantine : plus d'étudiant, même nuls = plus de moyens (pour les bouquins, DVDs, etc. pas pour engager des profs compétents et remplacer les boulets ! Ne rêvez pas !!). Ainsi le monde tourne, je n'imagine pas la fac tourner autrement.
Le sur-notage en japonais trop évident a d'ailleurs fait grincer bien des dents, surtout celle de notre cher doyen, lors des études de notes par la commission post-exam.

Naruto attention deriere toi, lé mechans ninjas atakk

On l'a vu dans la presse spécialisée pour otaku (Japan Vibes, Planète Japon…) le français correct, tout comme le contenu rédactionnel, n'est pas la grande préoccupation des « journalistes » impliqués dans ces projets. Animeland, le mythe lui-même – avant de devenir une simple revue de publi-reportage, puis une revue de publi-reportage en faillite –, a eu des périodes peu glorieuses. Celles des textes jonchés de fautes, écrits avec les pieds. Et oui, même eux me direz vous. Est-ce en soit une excuse ?
Lecture principale des nouveaux arrivants contaminés aux japoniaiseries, ces magazines contribuent à cette baisse générale de niveau au même titre que les (sky)blogs, gisement intarrisables de conneries japoniaiseuses.


Comme tous les vieux réac' qui ne l'admettent pas, je radote, et c'est avec grand joie que j'ai étalé ma marotte favorite dans ce message. Sur ce, je rends l'antenne, à vous les studios !



Le cadeau bonus : des citations à en perdre son latin qui proviennent toutes de frasques internets d'étudiant de Lyon 3 (en japonais bien entendu). Du collector !

- Sans vouloir me vanter je pens etre dans les meilleurs de ce premier groupe, et certainement le meilleur en ce qui concerne la culture et le mode de vie Japonais ( Se vanté de kiffé le Japon et pas savoir placer Yokohama et Sapporo sur une carte, sa me fait bien rire . . . )
- Vient un jour à la maison, un ami de mon frère avec un sac-à-dos remplie de Manga... en version ORIGINAL!!! (je n'avais vu ce mot que dans les magasine, et je le pensais imaginaire).
[...] je ne regarde que très peu d'animés, et lis, par contre, plus du tout de manga. Je suis maintenant sur Rimbaud, Verlaine et Moupassant, non pas que j'ai délaissé le japon, car Murakami Ryu fait partit de mes auteurs "coup de coeur" (comme la Fnac.)
- De plus Madam Marret qui est vraiment genial je trouve est trés simpa et le stage vous permet de se mettre bien dans le bain, pour bien commencer l'année.
C'est pedant le stage que certain japonais vont vous etre présenter, apres vous pourrez les revoir et faire des soiré avec comme moi je le fait plusieur fois par semaine, ainsi votre niveau d'oral va s'amelioré rapidement.
- je vais etudié le japonnais !! \(^o^)/
- De toute maniere, tu m'expliquera comment tu peut placer des theses révisioniste quand tu apprend a tes élèves qu'au japon tu enleves tes pompes pour rentrer chez toi et que tu leur faire apprendre par coeur des kanjis (les ideogrammes japonais pour ceux qui ne le savent pas).
- Bien je ne suis pas fort, je fait plein d'erreur tout le temp . . .
-
[...] du drama Nobuta wa produce que je suis actuellement en fase de terminer. Deha mata ne. (une future étudiante semble-t-il)

2 novembre 2007

Après le rêve américain…

… le rêve japonais a envahi les têtes de nos djeunz.
Parce que le Japon n'est pas l'Eden que beaucoup de « tatamisés » s'imaginent entre deux cours de japonais, après-midi cosplay, piratage décomplexé de leurs artistes préférés, et leur lecture quotidienne de mangas, voilà de quoi réveiller les moins lobotomisés :

Mourir de faim sur l’autel de la réduction de la dette publique
MICHEL TEMMAN

«Mon ventre est vide. Je veux un bol de riz. Je n’ai pas mangé depuis vingt-cinq jours» : ainsi s’achevait, le 5 juin, le journal, révélé mi-octobre, de Hiroki Nishiyama, un homme de 52 ans, mort de faim cet été, à Kokura, une municipalité de Kitakyushu (1,4 million d’habitants), dans le sud-ouest du Japon.

Quotas. Cet ancien chauffeur de taxi sans travail n’aura pas eu le temps, comme il le voulait, de chercher un nouvel emploi. Il est mort deux mois après qu’un des 142 fonctionnaires de la municipalité chargés des régimes de santé et de retraite, a décidé de ne plus lui verser l’aide publique de quelque 100 000 yens (650 euros) qu’il percevait depuis cinq mois. En fait, Hiroki Nishiyama a été la victime d’une politique de quotas : les avancements de ces fonctionnaires dépendent de leur zèle et de leur succès à éliminer des registres de pensions, chaque année, au moins 5 des 73 bénéficiaires dont chacun à la charge.

Réduit à la plus extrême misère et ne pouvant plus se procurer de quoi se nourrir, Hiroki Nishiyama est passé en deux mois de 68 à 54 kilos et en est mort. Dans le journal retrouvé le 10 juillet près de son corps, il avait écrit, le 25 mai : «Il est 3 heures du matin. Cet être humain n’a pas mangé depuis dix jours. Mais est toujours en vie. Je veux manger du riz. Je veux une boule de riz [vendue 60 centimes d’euro dans toute supérette nipponne, ndlr].» Dans un pays où les clochards se cachent dans les parcs pour mourir, et où l’aumône et la charité sont peu acceptées, Hiroki Nishiyama n’était pas non plus un sans-abri. Des clichés publiés par le New York Times ont dévoilé sa baraque exiguë aux murs en partie écroulés, restes de béton et de tôle rouillée, où le gaz et l’électricité avaient été coupés. Les photos montrent un taudis jouxtant des maisons traditionnelles. L’homme s’est éteint dans l’indifférence.

Contacté par téléphone, un responsable des relations publiques de la ville assurait ne pas être au courant de l’affaire. Un fonctionnaire de la division des pensions a fait la même réponse avant de préciser qu’il «ne connaissait pas le cas précis de cet homme mais qu’un appel de la municipalité les a informés de sa mort.» A Kitakyushu, ville où siègent de riches entreprises (comme le géant des toilettes high-tech Toto), c’est la troisième fois qu’un individu meurt de faim en trois ans. Erigée en «modèle»pour sa gestion des comptes publics, la ville ne manque pourtant pas de moyens. Elle a inauguré un aéroport bâti sur la mer en mars 2006.

Cette affaire n’aurait jamais défrayé la chronique si la victime n’avait pas relaté son agonie dans un journal. Symptomatique des lacunes du système nippon de protection sociale, elle n’a pas pour autant suscité de vrai débat. Depuis 2003, des préfectures et collectivités nippones sont prêtes à tout pour rogner sur les systèmes de santé et de retraite d’anciens actifs au chômage, de préretraités et cinquantenaires licenciés sur le tas ou tombés malades, et qui ne furent pas forcément de bons cotisants. En privant ainsi d’une ville à l’autre, des milliers d’individus de l’aide publique, les autorités japonaises espèrent réduire la dette abyssale de leur pays, l’Etat industrialisé le plus endetté du monde (160 % de son PIB selon l’OCDE). Plombée par de lourds déficits budgétaires, sa dette publique atteindra 4 600 milliards d’euros en mars 2008.

Inégalités. C’est un des paradoxes de la deuxième économie mondiale. «Le Japon abrite de nos jours 19,5 millions de pauvres et nouveaux pauvres», rappelle Toshiaki Tachibanaki, un sociologue qui analyse depuis vingt ans la montée des inégalités dans l’archipel. Coïncidence, le 29 novembre, Tokyo s’apprête à accueillir une conférence organisée avec la Banque mondiale, sobrement intitulée : «Réduction de la pauvreté et stratégies de développement dans les pays à faibles revenus».


Et oui… le Japon c'est le pays des robots futuristes, des mangas, d'Hello Kitty, de l'hystérie consumériste, et des djeunz trop giga-cools habillés à la mode, mais c'est aussi Germinal tous les jours pour des millions de gens. Et ce ne sont pas les fils et filles à papa que vous rencontrerez dans les facs (privées) qui ont signé des accords avec Lyon 3 qui vous feront connaître cet aspect honteusement dissimulé de la société japonaise.

15 octobre 2007

Le fou copie l'artiste, et l'artiste ressemble au fou. (André Malraux)

Assister à ses cours relève d'une expérience paranormale à chaque fois dépassée dans son intensité par l'heure suivante. Cette enseignante ayant une réputation qui la précède, et ayant par habitude de me méfier des on-dits – surtout quand ils concernent les profs forcément mal aimés par 90% des élèves, tradition oblige – je n'y croyais pourtant pas jusqu'à le vivre. Et bien si ! Mme P-A n'est pas qu'une légende.

La première rencontre reste dans ma mémoire l'archétype du grand n'importe quoi ; une impression d'hallucination auditive et visuelle, fugace rencontre avec le divin, magique exhaltation d'être en présence d'un clone approximatif de l'esprit d'un Jean Claude Vandamme qui aurait trop fumé de nori ou d'une prof d'arts plastiques, cette matière où des profs 68-ards vous exhortent à peindre n'importe comment entre deux accumulations très contemporaines de bouchons de bouteille plastique et de canettes pliées, qui aurait abusé de shiitake hallucinogènes (ceux qui n'ont pas connu ça devrait regarder Ghost World).
Si la majeure partie de ses propos est confuse et difficilement retrancriptible, les plus fidèles lecteurs de ce blog auront remarqué leur pertinence régulièrement mise en exergue dans La Citation Du Moment.

On ne sait pas trop d'où elle tient ses connaissances à vrai dire, mis à part quelques années d'Inalco sans diplôme à la sortie (rumeur vraisemblable), on sait juste que l'information est ré-interprétée systématiquement par l'artiste qui sommeille en elle. Et l'art on en bouffe à tous les cours, vous vouliez apprendre à dire « peinture à l'œuf » en japonais ?
Une chose est sure, on ne sait pas trop non plus ce qu'on traduit, pourquoi on le traduit (ses recherches perso ?? sa soutenance ?), ni la véritable correction. On sait seulement que sa technique de traduction est simple : on prend la phrase on la regarde droit dans les yeux on la déleste de son sens initial en enlevant une bonne dizaine de mots, on en rajoute une trentaine, et on obtient la phrase qu'on voulait sans avoir à traduire.

Amusant au premier cours, tout devient vite lassant. Entre deux expressions outrées de sa philosophie de l'enseignement – qu'elle ose appeler pédagogie –, énorme crachat dans la soupe qui nourrit son incompétence depuis des années, les diverses réinterprétations fantaisistes des règles de grammaire de nos livres de référence et les explications étymologico-fumistes des ses cher kaaaanji on devient rapidement nerveux. Le genre de nervosité qui vous fait rêver de la faire se taire à coup de parpaing.
Comme je viens de le dire, son crédo principal, si l'on excepte la non-existence des virgules et des points en japonais, reste l'apprentissage des idéogrammes, qu'elle décrète inutile au moins une fois par cours (déclaration généralement suivie d'une critique de la politique de la section japonais de Lyon 3) avant de confier à l'auditoire consterné sa technique miracle : l'étymologie. L'idée même que beaucoup d'idéogrammes soient utilisés pour leur son et non pas pour leur sens ne semble d'ailleurs pas la déranger outre mesure.

Quelque soit l'année, Mme P-A fonctionne pareil. Quand elle vient en cours, ou n'est pas trop en retard, ou ne raconte pas sa vie, elle distribue un texte et le découpe en fonction du nombre d'élèves. Ces derniers sont chargés de disséquer une à deux phrases au cours suivant, et si possible de faire durer ça pendant 1h30 voire 2h, durée moyenne d'un cours. Le point important étant bien entendu... l'étymologie. Evitez donc de trop la contredire, elle pourrait vous prendre en grippe et s'amuser à baisser vos notes.
Ses cours d'oralité (de laboratoire de langue) sont aussi très particuliers, puisqu'ils consistent généralement en une discussion sur tout et n'importe quoi (sa vie, son œuvre, l'orientation des élèves, le travail au japon...), en français bien entendu, après quoi tout est bon pour se débarasser plus tôt des élèves (il fait beau aujourd'hui, il y a bientôt les examens, vous avez beaucoup travaillé, etc.).

Quand ils ne contiennent pas eux-mêmes des fautes graves (ex. 友建 surmonté des magnifiques furigana ともたつ qui voulait sans doute dire 友達) ses sujets d'examens oscillent entre le foutage de gueule, et... le foutage de gueule (et à l'oral n'en parlons pas...).
Exemple amusant d'une question comptant pour environ la moitié de la note d'un examen de LLCE deuxième année (preuve bientôt disponible ici-même) :
Commentez ce caractère : 駅

Les amateurs de grammaire et de linguistique apprécieront ces quelques citations, données généreusement (univkimengumi@hotmail.fr) par plusieurs de ses anciens élèves et les généreux commentateurs de ce post :

- La forme en て exprime TOUJOURS une notion de cause. Si, si toujours. Exemple : 歩いて学校に行きます。
- Si, si cette phrase c'est du passif. Tenez, on va réviser le passif ensemble. « Je ferme le parapluie ; Parapluieをさす»
- A votre âge je parlais bien mieux français que vous.
- そうですね…LLCEのdeuxième semestreのexamensはちょっと…plus facileと思います。Ne vous inquiétez pas.
- Les kanji sont carrés, parce que les chinois voient tout carré.
- Enchaîner des actions ? Ça veut rien dire ça ! Enchaîner ? Avec des chaînes ?!
- Les katakana ça c'est la seule chose importante.
- Je suis une linguiste férue, une puriste de la langue française, « partisante » de...

Cette fumisterie me parait encore plus choquante que l'habituelle désinvolture des élèves ou la multitude de gougnafiers qui végètent en cours. Bien que n'étant pas « professeur » à proprement dit, cette personne ne parlant ni ne comprenant le japonais correctement, inonde le cerveau de ses élèves à longueur de TD (encore heureux, elle ne prend que très rarement l'appel, et sur un set de table McDo froissé qui finira sans doute à la poubelle) de conneries plus grosses qu'elle.
Excentrique ou pas, case en moins ou pas, sympathique ou pas, une chose est sure tout le monde est au courant de tout ça, et personne ne fait rien. Encore une victoire de l'incompétence et une preuve du manque d'effectif en section japonais...


PS : Mes excuses pour ce message très centré sur Lyon 3 et ses petites histoires, mais il fallait bien que quelqu'un se dévoue pour en parler. Et puis certains ont bien eu des profs étranges ailleurs, non ?
PS bis : Merci aux ajouts des « anonymes » et autres commentaires qui m'ont permis d'enrichir le post.

2 août 2007

Myspace c'est ringard, bah… on n'a qu'à mixer alors.

Alors que tous les boutonneux passent d'une mode internet à une autre (msn, forums, blogs, hi5, facebook, secondlife, WOW…) depuis l'an dernier le truc « juste indispensable » c'est d'avoir un myspace. Pour les mecs qui vivent dans des grottes et qui ont échappé à la surmédiatisation du truc : c'est le même principle qu'un blog préprogrammé, pas besoin d'avoir fait des études d'ingénieurs, ni même de savoir lire pour ouvrir un compte. Et c'est bien ça le problème. C'est souvent hideux, illisible à tous niveaux et sans intérêt.

Le rapport avec les étudiants en japonais à Lyon 3 ? Beaucoup en ont et certains s'y inventent une vie géniale où ils sont bilingues, se tapent Koda Kumi, et m'étalent quand ils veulent parce qu'ils sont ceintures noire 36ème dan de karate et suivent la voie du samouraï... pas la peine de s'étendre plus sur eux, on les connait.
Par contre les mecs, vous être trop trop out j'veux dire… myspace les japs ils s'en fichent, ça parle trop anglais pour eux. Alors ils ont créés leur club privé, un archipel virtuel où ils peuvent gambader et s'ébrouer gaiement. Et comme tout club, faut avoir son carton d'invitation pour rentrer : on doit donc vous en faire parvenir un par mail pour que vous y mettiez vos grands pieds de gaijin (et déchaussés hein !).

Ça n'a rien d'extraordinaire, les étudiants en japonais y vont et tentent de bredouiller quelques phrases dans leur profil. Les plus courageux écriront des messages (2, 3 en moyenne avant d'abandonner) et correspondront avec des inconnus. Ce qui est drôle dans mixi (à prononcer ミクシィ pour se la jouer) c'est de constituer un profil et surtout de regarder celui des autres. Et là ô joie, ô félicité on ne peut que s'étonner que dans la partie intérêts/hobby aux champs pré-enregistrés on trouve même o sake (oui, oui alcool) ou mieux encore les daietto (régime). Qui peut bien avoir comme passion de faire des régimes ? (réponse à moi-même : les japonaises qui se trouvent obèses lorsqu'elles ont enfin des formes, ou les pro-anas) Et qui sauf un alcooolique peut décrire boire de l'alcool comme un hobby ? Je suis peut-être vieux jeu, mais quelqu'un qui me dit ma passion dans la vie c'est l'alcool, c'est un peu comme quelqu'un qui me dit qu'il adore la fumette, je l'imagine pas très frais.
Le hobby le plus drôle d'un japonais reste quand même les doraibu. Ouais super une ballade en voiture, ça nous changera de la ville ! Ça à l'air sympa dit comme ça, mais le concept de la ballade en voiture version nippone c'est qu'on reste dans la voiture (!) ; pourquoi sortir après tout ? On peut se faire agresser par les arbres, le vent…
Donc pour trouver le corres le plus fun sur mixi, faites un triple combo : quelqu'un qui sera bourré au volant et à jeûn. Du coup votre supplice devrait pas durer longtemps !

Les gens qui traînent sur mixi ont plutôt comme centre d'intérêt leur apparence et les régimes (plus de 6000 références de gens donc le nickname contient la lettre A) ou l'alcool (plus de 9000 personnes !) que l'apprentissage (environ 1800) ou les langues étrangères (dans les 3100). Et on me dira qu'internet n'est pas une plateforme de la superficialité après ça…
On ne va pas blâmer uniquement le Japon, c'est pas bien mieux ici, et le pire reste encore les petits frenchies qui copient les hobbies des japonais pour trouver des amis ou une future femme, comme ceux qui adooorent le karaoke alors qu'il n'y ont pas mis les pieds. Ça fait sans doute moins otaku que manga, télévision, jeux vidéo.

L'intérêt principal d'avoir un mixi c'est quand même qu'une multitude de gens bizarres vous écrivent pour vous quémender votre amit… euh de l'aide en français, vous draguer, vous demander si vous comprenez le japonais en japonais (sic), ce qui aide à s'imaginer un semblant de vie sociale voire d'occuper un été bien morne. Mais tout le monde sait que sur ce genre de sites ceux qui ont le plus d' « amis » sont ceux qui en ont le moins. Alors mec, comme dirait le sage : Arrête de t'la péter sur myspace !